Par où ça se construit un espace ? (suite)

16 mai 08

Lu hier dans Libé compte rendu d’une expérience de plasticien (Christian Nold) : on équipe quelques volontaires d’une sorte de détecteur de mensonges (un capteur fixé sur deux doigts qui enregistre le passage de micro-décharges d’électricité à travers la peau, variable selon d’infimes quantités de sueur) et d’un GPS, puis on les envoie en vadrouille dans Paris, où bon leur semble, une heure. Une fois récupérées les machines, on projette le relevé GPS de chaque parcours sur la carte de Paris, à travers Google Earth, en plaquant les données du détecteur de mensonges au mètre près. Le résultat, c’est une carte émotionnelle de la ballade : le stress sur un carrefour, le long d’une manif, la rêverie sur une centaine de mètres, sans réaction aux alentours, on les voit façon électrocardiogramme. Apparaissent alors les réactions immédiates à l’environnement et des états de nerfs plus profonds, à tel endroit plus ou moins chargé d’émotion : on imagine Michon passant sous la BNF, Baudelaire derrière Notre Dame de Lorette, où l’on venait chercher les prostituées amateurs à l’époque, puis enchaînant par la rue Saint Georges, sous les locaux de l’Illustration, le grand journal d’exploration, et l’effet sous sa chambre, rue Pigalle ?

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