Manguier (3)

19 mai 08

Il y passe des énervements. Soudain une demi-douzaine, de la chute paisible uniformément partagée, lèvent leurs arêtes dentelées, excessivement tendues de sève comme un tissu se resserrant le long de l’unique fil tiré, par points comme une tringle. Alors à la manière de serpents ouverts par le milieu et qui chercheraient toujours à paraître, elles font frissonner leurs pointes ; elles sifflent muettes, très décidées.

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Un mouvement permanent, même lorsque le vent semble imperceptible, du moins à hauteur d’homme, les chatouille aux franges. C’est à peine une irisation de soleil, comme le balancement du petit orteil d’un vieux Dogon sur le pas de sa porte. Au plus près des plus grosses branches, au plus sombre : torpeur. Celles-là ne s’énervent pas facilement. Elles attendent, couchées ventre contre ventre, le plus grand Air.

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Celles-là sombres au plus près des plus grosses branches et qui ne bougent pas. Elles me font penser à un dos trop longtemps étendu sur un sol trop dur, et ne sentant pas encore le besoin de se secouer, s’ankylosant peu à peu, qui de vertèbre en vertèbre fait soudure.

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