Carnet de vacances

3 août 08

Ce matin, très tôt on distingue nettement une nappe de brume horizontale de quelques mètres d’épaisseur. Là-dedans les rayons du soleil encore bas, obliques font prise. Entre les ombres des oliviers en désordre, seuls éléments nets du paysage, un poulet minuscule, sans tête se poursuit encore lui-même.

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Dans une verrière posée sur quatre pieds, une table en formica blanche (on s’y penche) il y a une étendue de terre rouge, fine qui est presque du sable & deux verres droits de cantine. Un sillon doux, tracé à pleine paume, a rempli l’un d’eux aux trois-quarts. Le second est laissé vide, la terre monte presque jusqu’à ras-bord.

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Une route la nuit, les deux sillons de terre claire tassée par les roues de voiture, au centre quelques rappels de vert, un monticule à peine perceptible et tout autour, tout au long de la route (on avance dans les phares) la masse mi-verte mi-noire des feuillages. Au fur et à mesure elle semble s’évaser dans une clairière terreuse, puis elle s’enfonce de nouveau dans les arbres.
On entend les cahots, les crissements du châssis, des sièges qui se diffuse à peine dans la pièce, depuis un labyrinthe rudimentaire de pans de laine tendus (on ne voit pas les fils) sans plafond : on devine l’écran à travers eux, on devinerait son bras en le passant de l’autre côté, on a chaud à cause du manque d’air et de la laine. Il y a là quelque chose de féminin, d’ouvert dans un espace très réduit : une infinité de pliures et de grosses mottes de laine encore au sol non filée, on s’y prend les pieds.

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