Revu A History of violence de David Cronenberg, un film monté presque pour un seul regard, le dernier avant générique : à la table de famille l’homme qui revient, s’assoit et les enfants lui mettent le couvert, la femme qui regarde son assiette pendant ça, longtemps. Il se tord les poignets sous la table. Puis elle lève la tête et demande et faible. C’est ici que Cronenberg se plante dans les yeux de son bel acteur à mâchoire carrée, même son nom sonne calme et violent à la fois, qui se prononce avec attention et laisse impression de hachure : il y a de la peur là-dedans, qui est derrière lui, qui est plus présente encore après. On s’énerve. On casse quelque chose. Puis on s’assoit, on écoute, on laisse venir. C’est quand ça ne reviendra pas. Ca creuse un vide.

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Jeanne Moreau debout robe noire devant un terrain de golf, lumière du matin couvert c’est étrangement déjà de la violence. Ca se trouve où ? Par où ça commence ? La jambe d’une actrice du muet dans l’eau noire, sa cuisse par-dessus qui y entre, c’en est aussi.

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