_New York, 67e jour

11 novembre 10

Extrait du carnet de notes, paraît la semaine prochaine au Passe Muraille.

NYC_ ligne C_ 16.09_15h_ Pas savoir dire Ma langue molle hors champ Langue vieille vieux professeurs vieux voyages désarmée saturée mon albumlangue Sourire Languesde peu de pas de nouvelles de Guingois Je dis leur histoire Pourtant plus riche ça va pas durer Je me promène on parle ensemble on se touche_ Je vais à Brownsville, Brooklyn Je suis avec des boxeurs, je souris, je ne dis pas Je ne sais pas ils parlent vite, ils ont ces accents que je ne comprends pas Je prends des photos Le flic me fait asseoir politesse pas que je courre L’autre plus tard laisse sa radio crier de sa hanche dans mon oreille Ma langue molle Langue apprise ailleurs avec tant qui ne la savaient pas mieux que moi

 

Riverside Drive_ 18.09_ 14h_ Sanglier elle dit fouille ici je suis léger, ligne courte Ils placent des électrodes Entre les blocs je peux pas creuser Il y a ceux du tunnel foutus dehors, les longues lignes de lumière de biais sur les rails Ma gorge qui se solidifie dans le souffle du train Ils écoutent le cerveau de  ils veulent savoir_ Comment on sonde dans le bruit autour de soi, sur cela seulement avoir prise

 

Queens_19.9_18h_ Etrangement peu d’odeurs dans le courant d’air où tous nous frissonnons Nous sommes chargés d’eau nous y séchons et nos nuques conservent un peu de sel, un peu de sueur_ Ce projet d’aller faire le tour des rivières ici partout présentes, si peu visibles, si absentes de l’imaginaire_ Corps urbain qui régulièrement trouve lieu d’exaspération sur un coin de trottoir, de là dilate sa mesure d’espace_ Tous tatoués signes et surcodages_ L’espace au bout de la ligne A_ La station ouverte_ Les maisons étroites de bois comme dans les îles l’herbe autour Le ciel vaste où les avions prennent leur trajectoire_ Le fait qu’ils traversent un bon quart de ciel avant qu’on ne les entende_ A peine dans la prise d’air_ Les trains L’aluminium_ A mes pieds assis dans l’herbe de la station

 

Camden, NJ_26.09_18h15 C’est des maisons vides Des arbres dans les usines_ les forêts de briques vides autour_ le vacarme Les oiseaux là-dedans juste avant la nuit des armes des chouettes La bibliothèque municipale et dans le carré de pierres de taille 1904 le chaos des racines et la terre et des pages_ La ville blanche plus loin qui semble tenir le port_ Les derniers blancs ici La bière à 1$ l’indécrottable incompréhensible optimisme_ Broadway tout fermé les trous dans Les hélicoptères Le feu dimanche fin d’après midi Près des montagnes de métal Oui possible d’avoir un boulot mais ça Non Près de la réserve à gaz Celui-là avec les lévriers en plâtre sur la terrasse parties homosexuelles intouchable Broadway Les taches mauves sur ses joues Et l’aquarium sur la Delaware River au bord du pont de Philadelphie.

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